L’intelligence artificielle (IA) fait progressivement son entrée dans le secteur du bâtiment. Optimisation des projets, gestion des ressources, sécurité sur les chantiers… Cette technologie promet de transformer en profondeur les pratiques, mais son adoption reste encore en phase de construction. Plusieurs initiatives voient cependant le jour pour accélérer cette transition. On fait le point sur le sujet avec Carlos de Matos du Groupe Saint Germain.
Des outils numériques pour optimiser les projets
L’IA joue un rôle central dans l’amélioration de la gestion des projets de construction. L’une des applications les plus intéressantes est la conception générative, qui permet de proposer plusieurs variantes d’un modèle architectural. Ce processus aide à choisir des solutions à la fois économiques et respectueuses de l’environnement.
Des entreprises comme PlanRadar exploitent également l’IA pour faciliter le suivi des travaux en temps réel. Leur solution SiteView associe l’IA à la technologie SLAM (Simultaneous Location and Mapping), permettant aux équipes de chantier de suivre visuellement l’avancement des travaux grâce à une caméra 360° fixée sur un casque. Ce dispositif évite les erreurs de communication, améliore la prise de décision et réduit les risques de litiges. Il montre comment l’IA peut rationaliser la gestion de projets de construction.
Sécurité et gestion des risques
Outre l’optimisation des projets, l’IA contribue également à renforcer la sécurité sur les chantiers. CAD 42, une start-up spécialisée dans les technologies de capteurs, développe des solutions qui permettent de surveiller en temps réel les conditions de travail grâce à des capteurs placés sur des équipements comme les grues. Cette surveillance continue aide à prévenir les accidents en détectant les risques potentiels, notamment liés aux collisions ou aux erreurs de manipulation.
L’objectif de ces solutions est de limiter les incidents sur les chantiers tout en optimisant les méthodes de travail. De surcroît, en couplant les données de production et de pollution, il devient possible de réduire l’impact environnemental des projets.
Adoption par les PME et artisans
L’adoption de l’IA dans le secteur du bâtiment reste cependant inégale. Si les grandes entreprises ont déjà commencé à intégrer ces technologies, les petites et moyennes entreprises (PME) et les artisans rencontrent des difficultés à suivre le mouvement. La Fédération Française du Bâtiment (FFB) a ainsi mis en place un groupe de travail en 2018 pour sensibiliser et accompagner ces professionnels dans cette transition numérique.
Pour les petites structures, des solutions comme celles proposées par CAD 42, avec des capteurs faciles à installer et à déplacer d’un chantier à un autre, offrent des possibilités d’adoption plus accessibles. De plus, les jeunes ingénieurs, déjà familiarisés avec les outils numériques, adoptent ces technologies plus rapidement, facilitant ainsi l’intégration de l’IA au sein des entreprises.
Toutefois, cette adoption reste un défi en raison de la fragmentation du secteur, qui compte une multitude de sous-traitants et de projets temporaires. Cela ralentit l’appropriation des technologies d’IA, bien que des initiatives comme celles de la FFB cherchent à surmonter ces obstacles.
