Depuis des décennies, le tiers payant, ce système qui permet de simplifier la prise en charge des frais de santé, semblait figé dans un moule rigide. Mais voilà qu’un vent de fraîcheur souffle sur ce marché, porté par des jeunes pousses audacieuses. Des entreprises comme Moneytrack, mySofie et 3Pay se mettent en ordre de bataille pour dépoussiérer une mécanique qui, à force de reposer sur ses acquis, a fini par montrer ses limites.

Moderniser un modèle essoufflé

Le concept du tiers payant, pour rappel, c’est un peu la promesse d’une santé accessible : l’assuré ne fait pas l’avance des frais, le professionnel de santé est payé directement, et tout le monde repart content. Enfin, en théorie. Car en pratique, deux professionnels sur trois préfèrent contourner le système. Trop complexe, trop chronophage, et pas assez sécurisé, avec des factures impayées qui grèvent jusqu’à 2 % de leur chiffre d’affaires.

« Le système actuel manque d’efficacité », résume Jérémy Benhaïm, président de 3Pay. Son entreprise, comme celles de ses concurrents Moneytrack et mySofie, a décidé de secouer le cocotier. Et pour cela, ces assurtechs ont choisi de miser sur des innovations à la croisée de la technologie et de la simplicité d’utilisation. Plateformes de paiement globales, blockchain, cartes bancaires dédiées : les outils qu’elles proposent sont conçus pour alléger la charge administrative et fluidifier les flux financiers.

Un paiement en temps réel pour une révolution annoncée

La lenteur des transmissions et des paiements est au cœur des griefs exprimés par les professionnels de santé. Alors, pourquoi ne pas inverser le paradigme ? C’est le pari de mySofie. « Nous ne remboursons plus les prestations de santé : nous les payons au moment où la facture est émise », explique Aymeric Méhu, son cofondateur. Une idée qui semble presque évidente, mais qui révolutionne la logique historique en sécurisant les paiements tout en limitant les risques de fraude.

Et cela ne s’arrête pas là. Moneytrack, par exemple, se concentre sur les soins encore en marge du tiers payant, comme les médecines douces ou les actes dentaires. Avec un système de conventionnement rigoureux, la fintech veut rassurer les financeurs de la santé sur la qualité des prestations. « Les soins hors nomenclature sont notre priorité pour 2024-2025 », précise Marie-Laure Saillard, CEO de Moneytrack.

Une petite parenthèse… équine

D’ailleurs, saviez-vous que le tiers payant ne se limite pas à la santé humaine ? Grâce à Cavalassur et sa carte Cavalsanté, même nos compagnons équins peuvent bénéficier de ce service. Un cheval malade ? Pas besoin de sortir immédiatement le carnet de chèques : le tiers payant prend le relais pour simplifier la gestion des frais vétérinaires.

bousculer les lignes d un marche en innovant une approche ambitieuse

Une approche prudente mais ambitieuse

Cependant, les jeunes acteurs du marché savent qu’ils ne peuvent pas entrer en collision frontale avec les mastodontes historiques comme Cegedim ou Viamedis. À la place, ils jouent la carte de la coopération. « Nous réfléchissons aux services que nous pouvons leur apporter », confie Aymeric Méhu. Une stratégie d’intégration qui, si elle fonctionne, pourrait redéfinir les contours du tiers payant pour les années à venir.

Cela dit, l’ambition est bel et bien là. 3Pay, par exemple, vise 5 % du marché d’ici 2028. Une goutte d’eau face à la domination des opérateurs historiques ? Peut-être, mais assez pour faire bouger les lignes et inciter les géants à adapter leurs méthodes à une réalité en constante évolution.

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