Conçu sur le campus de l’EPFL et lancé à Hambourg en Allemagne, un container connecté high-tech en composites de la start-up Aeler Technologies compte bien révolutionner le fret. Comment, dites-vous ? En assurant la traçabilité des cargaisons. Le succès ne s’est pas fait attendre, puisque, d’ores et déjà, quelques 1 300 containers ont été précommandés.

L’ambition de révolutionner le fret

Aeler Technologies est une jeune start-up, lancée il y a à peine 5 ans par Naik Londono et David Baur. Pourtant, cela ne l’a pas empêché de concevoir un tout nouveau container maritime high-tech qui ambitionne de révolutionner le fret, rien que ça ! En même temps, Aeler souhaite reléguer au rang de souvenirs les vieux containers métalliques, conçus il y a de cela 70 ans, et qui n’en finissent pas de polluer, en plus d’être peu pratiques. De l’avis de Vir Transport, la start-up est bien partie pour réussir son pari !

D’ores et déjà, quelques 50 containers connectés voguent sur les océans, avec une production industrielle prévue pour novembre prochain pour honorer les 1 300 précommandes enregistrées… à la grande surprise des auditeurs, qui ne s’attendaient pas à ce que ce challenge mondial soit remporté par des riverains du Léman.

Un container connecté 100% vaudois

Le container high-tech conçu par Aeler est équipé d’un système électronique connecté et de multiples capteurs dont la fonction est de monitorer plusieurs paramètres de la cargaison, en temps réel et selon le type de marchandise. En outre, le container est plus léger, tout en étant complètement isolé et plus solide qu’un container classique. Ce n’est pas tout : selon Aeler, il aurait un volume de stockage 11% supérieur à celui d’un container actuel, ce qui permettrait un gain de 17% en cas de transport de liquides. De toute évidence, l’accroissement de la charge utile donnerait lieu à une économie de 20%, ce qui n’est pas pour déplaire aux transporteurs dont les coûts ont littéralement explosé l’hiver dernier. D’un point de vue environnemental, Aeler annonce que la conception du container en composites diviserait les émissions de CO2 par 5.

Certifié, le container a été présenté par Aeler à Hambourg à l’ensemble des acteurs de la logistique. Dès janvier prochain, la start-up sera en mesure d’assurer les livraisons en série. Au préalable, des transports d’essai ont été réalisés par des partenaires d’Aeler Technologies, notamment avec l’expédition de 27 000 litres d’huile de tournesol en vrac d’Autriche à l’Irlande. Un second transport d’essai a été organisé en direction de Singapour, cette fois avec du jus de pomme. Cela a donné l’occasion aux observateurs de suivre le déplacement du container connecté sur le navire en temps réel, ainsi que sa position, ses températures internes, l’humidité, la luminosité, l’ouverture des portes…

Des évolutions prévues

Aeler ne compte pas se reposer sur ses lauriers. En effet, la start-up a annoncé qu’elle allait continuer à développer son produit, notamment via l’utilisation de nouveaux matériaux de fabrication comme les fibres et les résines naturelles. Elle compte également faire évoluer la partie électronique. Par ailleurs, notons que le business model d’Aeler ne repose pas sur la vente de ses containers, mais sur leur location. Pour cela, la start-up a noué des partenariats financiers pour pouvoir mettre en service plus de 3 000 unités à la fin 2022.